Lilian NGUEFACK (Licence Gestion des entreprises, 2022) : membre de l’équipe de France d’escrime
Diplômé de la Licence 3 Gestion des entreprises en 2022, Lilian NGUEFACK jongle quotidiennement entre deux univers : la relation client et l'escrime, qu'il pratique à haut niveau. Membre de l'équipe de France d'escrime, Lilian a pour objectif celui que tous les athlètes partagent, qui n'est autre que la qualification aux jeux olympiques de Los Angeles de 2028. Retour sur son exceptionnel parcours, entre études supérieures et sport de haut niveau.
"Tout a commencé à l’âge de 6 ans, lorsque j’ai assisté à une démonstration d’escrime [...] J’ai eu le coup de foudre, l’élégance de ce sport m’a tout de suite plu !"
Études supérieures
Vous avez commencé vos études supérieures par une Licence 1 et 2 Économie et Gestion à l’Université de Reims Champagne Ardenne. Pourquoi avez-vous fait le choix de vous diriger vers une Licence 3 Gestion des entreprises, plus particulièrement celle de l’Université Gustave Eiffel ?
Je m’entraînais au CREPS (Centre de Ressources d'Expertise et de Performance Sportive) de Reims et je visais l’INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance) de Paris, qui est l’étape supérieure. En effet, le CREPS est une version plus « petite » de l’INSEP, qui est un centre de préparation où s’entraînent tous les prétendants aux jeux olympiques de la plupart des sports olympiques.
Souhaitant poursuivre mes études à côté, j’ai partagé mon projet à une de mes Enseignantes de l’Université de Reims Champagne Ardenne. Elle avait un contact à l’Université Gustave Eiffel et, grâce à elle, j’ai pu envoyer un mon dossier. J’ai fait le choix de la Licence 3 Gestion des entreprises car je souhaiterais entreprendre à l’avenir, c’était donc le parcours le plus en adéquation avec mes aspirations.
Au vu de mon statut d’athlète, j’ai pu obtenir un aménagement de mon emploi du temps et étaler ma Licence 3 sur 2 ans. En effet, entre les entraînements et les compétitions internationales, il m’était compliqué d’être présent à tous les cours et examens.
Aujourd’hui, où en êtes-vous dans vos études supérieures ?
A l’issue de ma Licence 3 Gestion des entreprises, je me suis inscrit en Master Marketing à Sciences Po Paris. Tout comme ma Licence 3, j’ai demandé un aménagement de mon Master sur 4 ans au lieu de 2. Actuellement, il ne me reste plus qu’une matière à passer pour obtenir mon diplôme !
En dehors de ma casquette de sportif de haut niveau, cela fait 1 an que je suis Chargé de mission CRM (Customer Relationship Management) au sein de la région Île-de-France. J’ai évidemment un contrat aménagé, qui me permet de cumuler emploi et pratique sportive. J’ai choisi le domaine du CRM car j’avais envie d’apprendre le côté technique de la relation client. Cet équilibre entre vie professionnelle et sport de haut niveau me permet de m’entraîner dans un cadre sain.
"[...] le fait de travailler avec des gens de tout horizon à l’Université, notamment qui ne sont pas dans le domaine du sport, m’a beaucoup aidé"
Comment avez-vous concilié études et sport de haut niveau ?
Il faut dire que ce n’est pas toujours simple, il faut être patient et ne faut pas vouloir avoir tout, tout de suite. Des concessions doivent être faites, je pense notamment à des opportunités de stage que j’ai ratées à cause de mon emploi du temps… En contrepartie, on peut avoir d’exceptionnelles opportunités qui s’offrent à nous – voyons le verre à moitié plein !
Aussi, je dois reconnaître qu’étant dans le domaine du commerce, cela fut plus simple pour moi de concilier études et sport car les Universités et Écoles sont « habituées » à gérer nos contraintes. Cela peut cependant être plus compliqué d’avoir des aménagements dans d’autres domaines…
Y a-t-il une compétence acquise lors de votre parcours universitaire qui vous aide aujourd’hui dans votre carrière sportive ?
On me pose habituellement la question dans le sens inverse [rires] ! Je dirais que le fait de travailler avec des gens de tout horizon à l’Université, notamment qui ne sont pas dans le domaine du sport, m’a beaucoup aidé. Parfois, on prend notre réalité de sportif de haut niveau comme une normalité alors que ce n’est pas le cas. Aussi, les travaux de groupe m’apportent beaucoup car, exerçant un sport individuel, cela me fait sortir de ma zone de confort. Cela renforce ma conscience du collectif ainsi que mon empathie.
Le sport de haut niveau
Pouvez-vous nous raconter votre parcours sportif, de vos débuts en escrime jusqu’à l’équipe de France ?
Tout a commencé à l’âge de 6 ans, lorsque j’ai assisté à une démonstration d’escrime au sein d’un supermarché. J’ai eu le coup de foudre, l’élégance de ce sport m’a tout de suite plu ! J’ai alors commencé l’escrime au sein du club de Bron, en région lyonnaise dont je suis originaire.
A mes 13-14 ans, j’ai acquis un bon niveau qui me permettait de participer à des compétitions régionales. J’avais au même moment quelques difficultés scolaires et le fait de m’investir autant dans le sport m’a permis d’avoir un aménagement d’emploi du temps. A 16-17 ans, j’ai eu le déclic et j’ai compris que je souhaitais devenir sportif de haut niveau. J’ai obtenu le titre de champion d’Europe en équipe et ai donc déménagé à Reims pour m’inscrire au CREPS.
Aujourd’hui, je suis inscrit à l’INSEP et m’entraîne 2 fois par jour, à hauteur de 20 heures par semaine, pour préparer les jeux olympiques 2028 de Los Angeles.
"J’ai toujours été animé par une chose : la passion de ce que je fais."
Comment se prépare-t-on pour une grande compétition internationale ?
Il y a évidemment beaucoup d’entraînements et d’automatisations. Il faut aussi contrôler tout ce que l’on peut contrôler et accepter tout ce que l’on ne peut pas contrôler (ce qui est le plus dur !).
Quels sont vos objectifs pour les prochaines années ?
La qualification pour les jeux olympiques ! J’aimerais également être plus souvent titulaire en équipe de France. Du côté vies scolaire et professionnelle, j’aimerais obtenir mon Master et me rapprocher davantage du monde du sport.
Conclusion
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent mener de front études supérieures et projet ambitieux, qu’il soit sportif ou non ?
J’ai toujours été animé par une chose : la passion de ce que je fais. Je n’étais peut-être pas le meilleur d’un point de vue académique donc je me suis appuyé sur ma passion du sport pour donner une autre dimension à mon parcours. Les soft skills sont de plus en plus valorisés, il faut se démarquer en mettant en avant ce qu’on fait à côté. Cela permet de proposer quelque chose d’unique !
Commentaires0
Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire
Articles suggérés
